Les textes de Jacques Fabre
 
 
 
Lisez sur cette page :
Pantoum de la grande sœur
 
Tu jouais à la grande sœur !
On aime bien son petit frère…
Vers mon grand frère allait ton cœur.
À lui, tu n’as jamais su plaire.
 
On aime bien son petit frère…
Moi, je t’aimais passionnément.
À lui, tu n’as jamais su plaire,
Il t’ignorait parfaitement.
 
Moi, je t’aimais passionnément.
D’un amour qui brûle et qui blesse.
Il t’ignorait parfaitement :
Jamais il n’a su ta tendresse.
 
D’un amour qui brûle et qui blesse,
Je me consumais dans mon coin.
Jamais il n’a su ta tendresse.
De toi, son cœur était si loin !
 
Je me consumais dans mon coin
En jouant au bon camarade.
De toi, son cœur était si loin !
Tu devins languide et maussade…
 
En jouant au bon camarade
Je te volais quelques baisers.
Tu devins languide et maussade
Devant ses airs froids et blasés.
 
Je te volais quelques baisers,
Pauvres joyaux de pacotille !
Devant ses airs froids et blasés
Tu t’efforçais d’être gentille.
 
Pauvres joyaux de pacotille
Pour moi plus précieux qu’un diamant.
Tu t’efforçais d’être gentille
Tu voulais qu’il soit ton amant.
 
Pour moi plus précieux qu’un diamant
Tes caresses m’étaient délices.
Tu voulais qu’il soit ton amant,
Tu n’étais, pour lui, qu’une actrice !
 
Tes caresses m’étaient délices
Et suffisaient à mon bonheur.
Tu n’étais, pour lui, qu’une actrice :
Tu jouais à la grande sœur !
 
 
jules et jim 1
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Photos extraites du film Jules et Jim,
FrançoisTruffaut


 








 
 
                         Jacques Fabre © 23 septembre 2004
Retour Poèmes                Haut de la page
 
Explosion
Mille étincelles
(pantoum)
 
Elle éclate en mille étincelles,
L’amour illumine ses yeux.
Il enferme dans ses prunelles
Le feu que lui souffle son dieu.
 
L’amour illumine ses yeux ;
Avec lui, dans une heure à peine…
Le feu que lui souffle son dieu
Est–il d’amour ou bien de haine ?
 
Avec lui, dans une heure à peine,
Et déjà le bonheur la prend !
Est–il d’amour ou bien de haine
Ce frisson sourd et pénétrant ?
 
Et déjà le bonheur la prend :
Il irradie toute la foule.
Ce frisson sourd et pénétrant
Dans son coeur et ses veines coule.
 
Il irradie toute la foule,
Il se répand sur tout le train.
Dans son coeur et ses veines coule
La mort qu’il porte sur ses reins.
 
Il se répand sur tout le train,
Jusqu’à l’homme à la face blême.
La mort qu’il porte sur ses reins :
Un geste bref : acte suprême.
 
Jusqu’à l’homme à la face blême
Son oeil s’attarde sur son dos.
Un geste bref : acte suprême.
Le feu, le sang, et le chaos.
 
Son oeil s’attarde sur son dos,
Songe au voyage… Adieu, la belle !
Le feu, le sang, et le chaos…
Elle éclate en mille étincelles.
 
Retour Poèmes                Haut de la page
                   Jacques Fabre © 2 août 2005
 
Rêve d’amour
 
 
Lorsque au bord de l’étang, songeuse et décoiffée,
Courbée à la façon des narcisses penchants,
Sur le miroir des eaux tu invoques la Fée,
Les korrigans ravis surgissent de leurs champs.
 
Ils viennent, transportés d’allégresse suprême,
T’admirer presque nue… Ils crient : « Nous triomphons
Quand tu es parmi nous, toi qui seule nous aime,
Toi dont nous connaissons les sentiments profonds ! »
 
Jacassant, ils s’assoient tout au long de la rive ;
Ils éclatent de rire, et se moquent parfois
De ton air trop sérieux, ou de l’humeur pensive
Où te plonge soudain le bruissement des bois.
 
Maudit soit ce jour où, rêvant sur ton rivage,
J’ai cru te voir trônant au cœur des pampres verts !
Depuis que j’ai sombré dans cet amour sauvage,
Mon beau songe en allé met mon cœur de travers !
 
   Jacques Fabre © 30 mai 2006
Retour Poèmes                Haut de la page
 



Créer un site
Créer un site